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Un passage pour un temps meilleur

Chers Amis,

Le fameux Kon Klor bridge à Kon Tum est en quelque sorte une espèce de « pont de la rivière Kwaï » des années 50. A la différence près qu’il a été construit en métal. En tous cas, il me fait toujours penser au pont de ce fameux film.
Il franchit la rivière Dak Bla à un endroit particulièrement large de celle-ci. Les jours de crues, c’est impressionnant. Je l’utilise 4,5 fois par jour pour me rendre dans les villages. En franchissant cette rivière j’accède à un autre monde. Je quitte le monde des vietnamiens pour entrer dans celui des ethnies montagnardes. Je passe de la ville aux villages. Je quitte le commerce pour trouver l’agriculture. J’entre aussi dans une nouveau rythme temporel

Sur Kon Klor bridge je viens juste de croiser une femme mûre, à vélo, chargée d’un énorme paquetage. Le fort vent de traverse, caractéristique de l’été qui débute ici, la déséquilibrait. Elle occupait une bonne partie du pont, pas très large, il faut le dire. Mais elle tenait bon le guidon et allait de l’avant ; lentement mais déterminée. Elle allait de sa ferme au marché Bahna à quelques encablures plus loin. Elle allait y vendre ce qui me semble être des courges. On en raffole ici, en soupe ou poêlée avec un peu d’huile de sésame. Elle était vêtue d’une robe, sous quelques pulls de laine, le tout totalement usé et tellement porté que les tâches de graisse, ne pouvant plus partir, décorent le tout… Du coup, j’avais une impression de femme sale. Mais l’apparence est trompeuse car connaissant bien ces villageoises, elles sont très propres : elles se douchent à chaque retour des champs et en profitent pour laver leurs vêtements.

Petit élément anecdotique, elle était affublée d’un chapeau conique, pas celui que l’on trouve dans les échoppes pour touristes. Non, un authentique chapeau fabriqué par elle ou quelqu’un de la famille à partir de fils de bambou. Chapeau vraiment utile pour se protéger du soleil brulant à mi-journée. Malgré cette protection complétée par un cache nez, son teint est très halé.
Son vélo, à vitesse unique, datait d’une autre époque… l’ensemble respirait l’usage intensif, la récupération et le rafistolage.
Ici on vit chichement et on ne gaspille pas. On répare indéfiniment. Cela n’empêche pas d’utiliser massivement le plastique venu d’une autre civilisation, de l’autre côté du pont. Contradiction ? Confrontation de deux temps ?

Elle allait donc lentement, sûrement par prudence et par nécessité mais aussi de par son propre rythme. Le rythme d’une personne qui prend son temps ou qui a du temps. Aller vite, c’est gagner du temps. Pour gagner plus, tout court. Pour faire plus aussi. Mais elle, pourquoi voudrait-elle gagner plus ? En fait elle a le nécessaire, c’est peu mais suffisant. Un toit, l’électricité souvent payée par la collectivité car ces villageois ne sont pas solvables, de la nourriture se résumant au riz qu’ils cultivent, agrémentée les jours de fête par du poulet élevé en liberté autour de la maison. Les cultures de manioc, de courges ou autres permettent d’apporter un peu d’argent pour les soins et un petit plaisir de temps à autre.

A elle seule, cette femme exprime ce qu’il se passe de l’autre côté de Kon Klor bridge dans les villages Bahna, ethnie majoritaire dans cette partie de la province de Kon Tum. En même temps, cette femme fait le lien avec la ville, symbole du développement. Elle en a besoin pour écouler ses légumes. Elle y trouvera aussi les soins dont elle aura besoin pour elle et ses enfants. J’imagine qu’elle en a entre 7 et 10… En ville des orphelinats accueilleront 1,2,3 de ses enfants si elle n’y arrive plus… avec un peu de chance, un de ses enfants ira à l’université de la ville : inimaginable fierté pour une mère qui, à cet âge ne sait probablement pas lire.

Quelques heures plus tard, Elle repassera par Kon Klor bridge pour rentrer, fatiguée. A la maison immédiatement après être rentrée, elle mettra l’eau à bouillir sur le feu de bois pour cuire le riz pour le repas du soir. Elle retrouvera son mari sur le pas de la porte, complètement saoul d’alcool de riz. Selon les cas la violence sera au rendez-vous. Elle s’endormira sur un matelas de misère mais entourée de la chaleur de ses enfants.
Mais qui sait de ses rêves ? Sur un pont, symbole du passage vers un temps meilleur ?
A la suite de notre premier jour de l’année et au moment de celui des vietnamiens (le Têt a lieu ce samedi 25 janvier), je lui souhaite de tout cœur ainsi qu’à chacun d’entre vous une belle année dans la Vie et l’amour de la Vie.
Jean
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De nombreuses personnes sont donc aujourd’hui porteuses d’idées, de souhaits de changement pour elles-mêmes et le monde qui les environne…

Elles aimeraient les réaliser mais parfois n’osent pas s’engager pour de très nombreuses raisons factuelles et objectives. Au-delà de ces raisons concrètes, c’est souvent leur imaginaire qui les freine pour aller de l’avant : il s’agit d’une véritable auto-limitation… « Je voudrais devenir ce pour quoi je suis fait, mais je n’ose pas mettre en œuvre mon projet de vie…».

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